En 1971 l’installation de mon atelier de photographe au 130 rue du Château a
coïncidé avec la démolition systématique de nombreux bâtiments de mon nouveau
voisinage.
Dès mon arrivée dans ce petit coin retiré du 14e, je fus touché par la chaleur
humaine de mes nouveaux voisins : une petite communauté vivant dans la cour du
130 grâce à des loyers modérés. Je me souviendrai toujours de leur gentillesse et de
leur intérêt à mon égard.
Comment résister au charme et à l’animation de la rue de l’Ouest avec ses
nombreux commerçants et les voitures de quatre-saisons qui lui donnaient, ainsi
qu’aux alentours, le cachet unique d’un petit village en plein Paris ?
En ce temps-là, le quartier grouillait d’une foule de petits artisans: réparateurs en
tout genre, quincailliers, étameurs, menuisiers, encadreurs... Marcel Cornut, le
typographe était installé rue du Château et l’imprimerie héliogravure, rue Niepce.
Le quartier comptait une importante communauté maghrébine avec ses restaurants
comme « Le Tizzi », ou ses hôtels comme le « Jules César » au 128 rue du Château
qui semblait faire la nique à Vercingétorix, nom d’une rue un peu plus loin.
De nombreux artistes avaient leurs ateliers là, au fond de cours sans prétention.
Mon quartier général était « Le Cadran » : un café qui tirait son nom d’un titre de film
où jouait Bernard Blier (qui plus tard fut détrôné par « Les Tontons » en référence à
un autre film plus culte encore où jouait ce même comédien : je veux parler des «
Tontons flingueurs »).
Nono, la gérante du « Cadran », faisait également restaurant et je devins très vite
l’un de ses plus fidèles habitués.
Quand quelques années plus tard, Gérard et Nicole lui succédèrent, ils me permirent
d’installer l’exposition permanente de mes photos dans la salle de restaurant ce qui
me permis, durant de nombreuses années d’y exposer souvent les portraits de ces
habitués qui tous étaient mes amis.
La démolition systématique de cet îlot proche de mon ancien atelier a frappé des
bâtiments qui ont, en un premier temps révélé impudiquement leurs squelettes avant
de disparaître pour toujours en un chaos d’éboulements provoqué de main
d’homme.
Adieu, charmantes courettes jouxtant ces petites maisons simples de pas plus de
deux étages et qui faisait la magie de ce coin de Paris populaire!
Aujourd’hui, fruit d’une transformation perpétuelle, tout est nouveau dans mon
quartier : les gens, les immeubles, les boutiques... Mais quand on entre au bistrot
« Les Tontons » il y plane encore la présence chaleureuse des habitués d’antan :
vous savez ? Ceux du « Cadran » !
Préface
Le montparnasse ancien
Le cadran
Les habitants
Dans la rue
Paysages
Palissades
Reconstruction
Aujourd'hui

Catherine Gaston-Mathé s'est proposée spontanément pour écrire un très beau texte,"d'un Château à l'autre" sur l'histoire du quartier.

Salim Jay, ami de mes images les a interprétées en une nouvelle lecture.

Guillaume Rosier, en réunissant les éléments avec patience et talent a conçu la maquette.

Alexis Chenot, mon fils , pour son travail des couleurst fidèle et sensible.

Merci à tous ces amis du quartier dont la chaleur affective m'est toujours présente,
ces images, éparpillées dans le temps, sont réunies: c'est pour eux et moi-même que ce livre a pris jour

Remerciement
Le photographe

Photographe professionnel et enfants du quartier, Il a eu cette double opportunité

d''exercer dans son atelier "rue du Château" avec toute la fascination du travail de l'image de studio

dans un environnement qui n'a cessé de changer,et où il a su conserver de solides amitiés.

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